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Món Ibèric als Països Catalans - Novembre del 2003

Habitats et territoires en Roussillon et Languedoc occidental durant l’Âge du fer

 

Autora

Claire-Anne DE CHAZELLES, Chargée de recherche au CNRS. UMR 154, 290 route de Pérols, 34970 Lattes, France.

 

Résumé

La zone côtière qui s’étend des Pyrénées jusqu’au fleuve Hérault, correspondant au Roussillon et au Languedoc occidental, est communément considérée comme la partie « ibérique » du Midi de la France. Le sens accordé à cette « ibéricité », variable selon les chercheurs, ressortit au moins domaine économique, puisque la région est inscrite tout au long de l’Âge du fer dans la sphère commerciale dominée par les Puniques et les Ibères. Le débat peut rester ouvert, mais au-delà du constat de la présence d’objets issus du commerce péninsulaire (amphores, jarres, armes et bijoux, un peu de vaisselle) et d’un emploi certain de l’écriture ibère à date basse, on ne prétendra pas identifier des caractères spécifiquement « ibères » dans la formation des territoires ni dans la structuration des habitats. Il serait vain de mettre au crédit de l’ibérisation des phénomènes tels que l’agglomération des habitats ou leur fortification, les plans d’urbanisme et les modes de construction « en dur », l’organisation des terroirs agricoles, l’adoption de la technologie du fer ou du tour de potier… A bien des égards, les transformations des modes de vie et de la société que l’on observe dans cette région se constatent également à l’est de l’Hérault, mais aussi à l’est du Rhône, en plein territoires « ligures ». Cependant, ces traits communs qui marquent le passage à l’Âge du fer sur tous les rivages méditerranéens, ne masquent pas les originalités culturelles qui transparaissent, par exemple, dans les types d’habitations ou dans les productions de céramiques.

 

Les données archéologiques sont en cours de renouvellement grâce aux recherches sur quelques agglomérations importantes, ainsi qu’à des études sur l’occupation du sol. L’organisation des terroirs vivriers autour des grands gisements se perçoit assez clairement et un type d’occupation plus complexe que la traditionnelle vision de l’oppidum comme centre quasi-exclusif du peuplement commence à s’esquisser. En revanche, la distribution de l’espace entre les différentes « tribus », c’est-à-dire les limites de leurs « territoires », relève encore du modèle théorique, faute d’un nombre suffisant d’études. Nos connaissances concernent surtout la phase d’implantation des sites (milieu VIe-milieu Ve s. av. n. è.) et la phase précédant la conquête romaine (milieu IIe–milieu Ier s. av. n. è.) pour lesquelles on dispose également de données textuelles, certes précieuses, mais d’interprétation délicate. La période intermédiaire correspond au dépeuplement voire à l’abandon de nombreux gisements, grands et petits, et à la désertion des zones rurales, au profit de quelques agglomérations dont certaines seront elles-mêmes abandonnées au début ou à la fin du IIIe s. La reprise observée dans le courant du IIe s. s’insère vraisemblablement dans un contexte politique, ethnique, économique et social très différent du cadre indigène d’origine.

 

Dans le domaine des habitats, des avancées ont été accomplies concernant la topographie de certains sites, notamment avec la mise en évidence de quartiers bas, de plans d’urbanisme précoces, ainsi que de systèmes défensifs comptant des fossés au lieu de remparts. L’analyse des plans d’habitations et de l’évolution des modes de construction, entre le premier Âge du fer (avec des données nouvelles relatives aux structures sur poteaux porteurs) et la période républicaine (avec une certaine influence des modèles et des techniques méditerranéens), restitue un cadre humanisé avec toute sa dimension ethnographique à des peuples originaux probablement ni ligures, ni ibères.